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Nithard, un homme invisible
En partant de là et en montant trois volées de marches, les dames se trouvèrent au grenier, une pièce avec soixante toiles d’araignées, une poussière de tous les diables, des fientes, des meubles éventrés, des rebuts à jeter, des rossignols qui chantaient de toute évidence un abandon total. Toutes ces saletés, les voyageuses s’y attendaient déjà pour les avoir vues aussi dans d’autres greniers. Mais le propre de celui-ci était que si l’on en repartait en butant contre un carton poussiéreux dont le choc rendait un son étrange, et qu’à l’aide d’une torche on en élargissait l’ouverture, on en venait à extraire un sac d’ossements que d’autres avaient déjà cherché longtemps et à penser que d’avoir vécu une soirée pareille suffirait à être cette fois-là heureux.
D’après Diomira, une ville invisible d’Italo Calvino, oulipien de l’année 2007.

