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L’arrêt, l’araignée de Nithard
Quand on eut grand ouvert la porte du grenier,
L’encombrement gênait pour y faire un pas.
Devant tous ces rebuts, les femmes indignées
Reculèrent un peu, prêtes à l’arrêt.
Ce lieu à l’abandon sentait le renfermé,
Des meubles éventrés évoquaient l’enfer :
Il faudrait tout jeter, balayer la poussière,
Emballer ce bazar et le mettre en caisse.
Mais Anne en repartant buta contre un carton
Et finit par l’ouvrir d’un bon coup de pied.
Alors un sachet d’os parut à la lumière.
Jocelyne à genoux s’exclame, elle prie
Dieu, car elle a trouvé ce que Michel * cherchait.
Miracle ! Le hasard n’est qu’un coup de dé.
Il faudrait ajouter une syllabe à tous les vers pairs pour qu’ils soient alexandrins.
Par exemple, vers 3 et 4 :
Devant tous ces rebuts, les femmes indignées
Reculèrent un peu, prêtes à l’arrêt.
... "l’arrêt" devient-il "l’araignée".
* Page 14 : « Jocelyne Martin [était] venue dans ses fonctions d’adjointe au maire, mais aussi en mémoire de son mari Michel Martin, disparu six mois plus tôt, érudit local dont l’abbaye avait été la passion. »
