Accueil L’oulipien de l’année L’Invention de Nithard
Un temps à ne rien faire

Page précédente Page suivante

Quand, dans un grenier
On te tire par les pieds,
Du carton,
Quand je dis par les pieds,
C’est histoire de piailler,
Et c’est con !
Car des pieds, j’en n’ai plus,
On me les a perdus
Non de non !
Trimballé d’un côté,
Egaré, étiqu’té
Comme un thon.
Moi qui subis tous les outrages,
Veuillez écouter mon message :

Le temps ne fait rien à l’affaire,
Quand t’es marron, t’es marron.
Du temps ancien, même au cim’tière
Quand t’es marron, t’es marron.
On te recherche et l’on t’agresse
Par monts dehors ou bien au-dedans.
Si t’as affaire à deux bougresses,
Même mort, elles se f’ront les dents,
Si t’as affaire à deux bougresses,
Même mort, elles se f’ront les dents !

Moi, Nithard le Franc,
Le bâtard d’antan,
Sans sermon.
Dit abbé sur le champ,
Sans avoir le penchant,
D’être cur’ton.
Moi, le gratte-papier,
Mais aussi le guerrier
De renom.
Entaillé en chantier
Par un coup bien placé,
Moribond.
Moi qui subis tous les outrages,
Veuillez écouter ce message :

Refrain

A la manière de Georges Brassens, Le Temps ne fait rien à l’affaire.