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Nithard rétrograde en 49.3
Depuis vingt ans,
Nithard dormait dans un vieux carton,
Attendant
Que Jocelyne
Toute surprise saute de joie
En voyant
Sa clavicule,
Ses deux fémurs avec ses tibias
Et son crâne,
Dissimulés
Dans un carton bâillant entrouvert,
Très humide.
Anne Potié
Bouscula par hasard ce carton
En quittant
Ce grenier sale
Où s’accumulaient les rossignols
Au rebut.
À l’abandon
Depuis longtemps, nul ne venait plus,
Non personne,
Dans ce grenier
Empli de fientes et d’araignées,
Et fermé :
Il a fallu
Que s’ouvrît la porte sous la main
Des deux dames.
Récit rétrograde de "L’Invention de Nithard". Plagié par anticipation et Chantal Danjon (cf. le paragraphe "haïkudur" dans la page "haïku" des contraintes Zazipo), l’auteur a pris le risque de la censure en renommant 49.3 une forme fixe au format de trois vers en 4, 9 puis 3 syllabes, sans rime.

