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Le Pari de Nithard
Nithard ne voulait pas devenir un vestige sacré : son pari, au service de Charles, était d’écrire sa vérité historique et dans une langue nouvelle pour de nouveaux temps à venir.
Mais sa mise, pascalienne sans le savoir, ne s’achevait ni après la victoire, ni après la défaite : chaque combat était un pari, chaque ligne était un pari.
Le hasard des vestiges sacrés est étrange : on transmue un homme, un abbé, un guerrier et un chroniqueur, en objet, on l’inhume, on l’orne d’épitaphes, on l’exhume, on reconstruit sa vie, et tout comme le parchemin qui authentifie les Serments, le papier froissé venu d’un laboratoire d’analyses prétend authentifier une relique, gage sur la croyance ou la crédulité des fidèles, au cours du temps.
Combien croiront que ses Historiæ sont les siennes ? Combien croiront, sur la foi d’un fémur trouvé dans un sarcophage du dixième siècle, ou une abbaye du vingt-et-unième, qu’un os ait appartenu véritablement à un guerrier du neuvième ?
Nithard est dans l’annale, le seul lieu où il est vivant : les feuillets sont son corps véritable, le volumen est son ossature, l’encre est son sang.
La gageure, c’est le nom de Nithard, jeté sur le tapis vert de l’histoire comme un dé dont le chiffre gagnant ne sera lu que douze siècles plus tard.
Le pari, c’est celui de Bernard Cerquiglini, qui avance masqué, laisse l’intelligence du lecteur produire son propre suspense, comme l’a bien dit A.Z., journaliste branché, dans sa Note de lecture.
Exercice de style mêlant les sources et les protocoles d’écriture, y compris le recours à l’intelligence artificielle.

