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Intransitivité

L’intransitivité est une propriété comparable au jeu de hasard ciseaux > papier > pierre > ciseaux >... où, dominé par le voisin précédent, chaque élément d’une boucle prend revanche sur le suivant.

En s’inspirant des dés non transitifs, imaginons trois roues de loterie dont chacune ne compterait que trois numéros, trois grosses parts de camembert :
 première roue 1, 6, 8
 deuxième roue 3, 5, 7
 troisième roue 2, 4, 9
Si on lance les trois roues et que l’on compare la valeur obtenue par chacune :
 la première roue gagnera plus souvent opposée à la deuxième ;
 la deuxième roue gagnera plus souvent opposée à la troisième ;
 laquelle troisième gagnera plus souvent opposée à la première.

En littérature oulipienne, idée de Louis Couturier, l’intransitivité peut, tels les dés non transitifs, s’étendre sur davantage que trois étapes. Et elle peut s’appliquer à diverses propriétés, comme le nombre de mots par vers ou par strophe, ou le poids alphabétique des lettres de mots-rimes, ou encore, exemple ci-après, le nombre de lettres par mots d’un vers (1-6-8 / 3-5-7 /2-4-9, cf. la boucle exposée plus haut) :

L’adroit papelard
qui cache rochers
se voit ébauchoir

Or sous massicots
l’enfoui feuillet
use trois granits

Qui tient lapilli
en fait bistouris
à couper chiffons

On trouvera une exploration poussée de l’intransitivité oulipienne sur le site de Gilles Esposito-Farèse.