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Une descente à l’étage
Les deux dames poussèrent la porte et un cri. On entendit planer un silence écrasant entre les toiles de maîtres et d’araignées, les rossignols percés et les pigeons crevés — certains tapis dans l’ombre, d’autres persans. Il y avait des lustres par terre et que nul n’était venu. On marchait là sur des œufs et un plancher disjoint. Se devinait entre Anne et Jocelyne un nuage de poussière et beaucoup de complicité, chacune comptant sur l’autre et une dizaine de bibelots sur une commode impraticable. Elles tombèrent d’accord et Anne au sol, qui avait heurté un carton ouvert par l’humidité et curiosité. Comme l’une réfléchissait, l’autre réfléchit, puis leurs lampes réfléchirent le halo téléphoné d’un sac invisible à la blancheur multicolore.
— Il y aurait un os s’il n’y en a pas, dit Jocelyne en elle-même et en picard à hoquets.
Le mutisme tonitruant d’un squelette moucha son inquiétude et la chandelle :
— Voici vingt dents que ton mari me cherchait !
Texte saturé de zeugmes et autres jeux de mots laids pour gens bêtes.

