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Okapi volatile
Jadis, à l’école, l’ami Boris, imaginatif, a honoré ce joli volatile : délice musical à tête fine, légère, bec agile, célérité divine, coloris inusité, habit irisé.
Ça s’agite, ça vole de ci de là. Le désir amène la fête : le petit animal à la rémige délicate s’évade de sa cage banale, s’élève du sol avec un élan ébahi, facile.
Petit à petit, il a déjà dominé l’azur.
En une minute de balade, sa vivacité révèle le mirage des abîmes abolis, un atome d’âme volatilisé.
Le bel orage fête la rapidité de ce délire, la bête se revigore.
La lune jubile, se pâme !
Gare ! Repose là ce rêve, la fête finira.
Ne va pas à la limite ! Si le roman, abusif, a révélé la fidélité de sa nature, la menace pèse sur un animal inégalé. Sa pureté ne se relèvera pas !
Une sale habitude : la vérité radicale désole, mon ami.
Moralité : si Boris a rêvé cet utile remède, ce sera du vécu lucide.