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Nithard sans cesse

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La directrice du Centre culturel et l’adjointe au maire ouvrirent la porte et reçurent en pleine figure l’odeur de renfermé, de pourriture, un mélange de toile d’araignée et de fiente : nul n’était monté récemment, l’abandon était total. On marchait au milieu d’un bric-à-brac invendable, du mobilier éventré, une vieille bouteille d’edelzwicker : à l’évidence, tout était à jeter ; on allait y veiller. En repartant, Anne Potié buta contre un carton répugnant, dont le choc rendit un bruit étrange. Le carton bâillait, ouvert par l’humidité ; avec intérêt, la directrice élargit l’ouverture à l’aide de la torche qu’elle tenait, en tira une poche de toile ; la lumière de la lampe fit apparaître un fémur ou deux, quatre ou cinq morceaux tibiaux, une clavicule, un crâne.
– Enfin, éclata Jocelyne Martin ; mon mari l’a cherché pendant une décennie.

Bernard Cerquiglini, L’Invention de Nithard


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