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Nithard fait de l’urbex
L’intention de Nithard, aux environs de minuit, c’était d’aller chercher le mari de Jocelyne. Martin, vingt ans, c’était son nom. Un crâne fêlé, un peu dingue, qui s’était pété une clavicule, mais un amateur d’urbex hors pair, tibias et fémurs d’acier. Il prit une lampe-torche, un sac de plastique avec son casse-croûte.
Il pénétra en élargissant une ouverture étroite, du côté de l’ancienne administration, curieux de ressentir l’humidité des lieux. Il bâillait un peu, devant des tas de cartons, il fallait ne pas faire de bruit étrange, rien buter sur son trajet. Il détecta que Anne Potié était déjà passée là, en repartant, quand elle s’était employée à jeter des rebuts. Nithard passa à côté de meubles éventrés, de rossignols irrécupérables, avec le sentiment d’être abandonné. Personne n’était monté depuis longtemps. Des fientes, des toiles d’araignées, de la poussière : pas de Martin enfermé ici, mais une saisissante odeur de dame...
Il lui restait une porte à ouvrir.
