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Les Commères d’Elseneur, ou Le Royaume des femmelettes

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Les deux dames ouvrirent la porte, saisies par l’odeur de renfermé.
(Jocelyne Martin s’inquiète de ce lieu qu’elles explorent)
ANNE POTIÉ. – Une vaste prison, dans laquelle il y a beaucoup de cellules, de cachots et de donjons.
JOCELYNE MARTIN. – Les portes sont enfoncées !
Elles marchèrent au milieu des rossignols, des meubles éventrés, des rebuts…
ANNE POTIÉ (détaillant). – des fleurets, des gantelets, une table et des flacons de vin ; six rapières et six poignards de France avec leurs montures, ceinturon, bandoulière, et ainsi de suite.
JOCELYNE MARTIN. – Tiens ! un rat !
ANNE POTIÉ. – Regardez cette peinture-ci, et celle-là. Ce sont les portraits des deux frères.
(le sol se fait plus meuble)
JOCELYNE MARTIN (circonspecte et pédante). – …poussière ; la poussière, c’est de la terre.
ANNE POTIÉ (surexcitée). – Une pioche et une bêche, une bêche !
JOCELYNE MARTIN. – Des lumières ! Qu’on apporte de la lumière !
ANNE POTIÉ. – Tenez ! voici un crâne !
– Enfin, s’écria Jocelyne Martin ; mon mari le cherchait depuis vingt ans.

Sir Quiglini (le barde Bernie), L’invention de Nytår [1]


[1mot danois qui désigne la Nouvelle année

Hybridation d’extraits de Shakespeare (Hamlet) et de B. Cerquiglini, complétés de didascalies.