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Le Butin de Nitharde
Les deux messieurs ouvrirent l’huis, saisis par l’effluve de fermentation, le poussier, les fils d’acariens, le guano : nulle âme n’était montée depuis longtemps, la cession était totale. Ils marchèrent dans une scène de vieilleries, d’armoires éventrées, de rognures : truisme que la totalité était à jeter ; on allait s’y employer. En repartant, Hans Faïenciée buta contre une caisse poussiéreuse, dont la secousse rendit une note étrange. La caisse bâillait, ouverte par suintement ; par intérêt, l’administrateur élargit l’entrebâillement au moyen de son lumignon, en sortit une sacoche de toile cirée ; le rai du filament fit apparaître deux phalanges, des vertèbres, un coccyx… et une molaire !
– Enfin, s’écria Jocelyn Malouine ; mon épouse la cherchait depuis deux décennies.
Bernadette Cerquiglinae, Le Butin de Nitharde, Princeps d’Une-Heure, 2018, feuillet 14.

