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Le Trip de Nithard
Les deux pêcheuses découvrirent une glacière, saisies par l’odeur d’iode, la pourriture, les dépôts d’écailles, les viscères : personne ne l’avait nettoyée depuis longtemps, l’abandon était total. Elles grattèrent au mieux les nageoires, les abdomens éventrés, les déjections : à l’évidence, tout était à jeter ; on allait s’y employer. En refermant, Anne Potié lutta contre le couvercle poisseux, dont le claquement rendit un son étrange. Le joint bâillait, déformé par l’acidité ; par curiosité, la curieuse écarta le caoutchouc à l’aide de son opinel, en sortit un sac de plastique ; la lumière de sa frontale fit apparaître deux doses de shit, du crack, des joints, des seringues.
— Enfin, s’écria Jocelyne Martin ; je suis en manque depuis vingt heures.

