Accueil • L’oulipien de l’année • L’Invention de Nithard •
Ce lieu renfermé
Ce lieu renfermé,
Cette cave abandonnée,
C’était un enfer.
Quelques araignées,
Dans l’odeur de renfermé,
Étaient bien âgées.
Sur le sol les fientes
Se dissipaient sous leurs pas
En poussière fine.
Parmi ces rebuts
Les deux dames farfouillaient
Au hasard, sans but.
Dans ce lieu étrange,
Elles cherchaient quelque chose,
Affichant leur rage.
Tous ces rossignols
Dissimulaient sûrement
Des trésors de rois.
Pourtant dans ces meubles
Ne restaient que des rebuts,
Vieilles tongs ou mules.
Et l’humidité
Depuis toutes ces années
Avait tout mité,
Et à l’évidence
Elles ne trouveraient rien :
La cave était vide.
Par curiosité
Anne entrouvrit un carton
Couché de côté,
Et par l’ouverture
Elles virent apparaître
Un flacon de verre,
Un sac de plastique
D’une forme très bizarre,
Et un truc qui pique.
Allumant leur torche
Elles crurent au début
Que c’était du toc.
C’étaient deux fémurs
Attachés par un ruban
Et du fil de fer,
Et puis des tibias
Qui semblaient en bon état
Et des os, en tas,
Une clavicule,
Et le crâne de Nithard !
Magique, la cave !
Ce Cerquiglini
A de l’imagination…
Mais qui l’aurait cru ?

