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La goubline et le goublin

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La goubline

Il était une goubline blanche
blanche elle l’était jusqu’aux cils
blanche blanche qu’elle était blanche
elle avait la blancheur de persil

souvent le castor ou la tanche
lui proposaient d’aller jouer
mais elle voulait rester blanche
elle avait peur de se mouiller

un jour au fond d’une clairière
elle rencontre le sanglier
il est sale le groin souillé
de bave de crasse et de glaire

et la goubline le feu aux joues
avec lui se vautre dans la boue

Le goublin

Il passe comme un paquebot
dans l’herbe tremblante de pluie
quand les araignées essuient
leurs toiles car il fait beau

j’ai toujours aimé le goublin
son pas frais luisant et sans bruit
sa navigation dans la nuit
le long des murs petit lutin

on en retrouve le sillage
le matin brillant au soleil
où va le goublin qui voyage
dans le noir cornes en éveil ?

en haut du fenouil en équilibre
il médite sur les étoiles libres