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Heptacéphalornithos

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Heptacéphalornithos

Dimanche 12 mai 2019, l’Heptacéphalornithos (l’oiseau à sept têtes) a chanté sur la Plaine d’Hellemmes. Pour preuve de sa douce folie, les lignes de son chant polyphonique sont passées sept fois de plume en plume. Juste esquissé, le septième chant s’est envolé au vent…


Les pies qui pillent le jardin deviennent souvent aveugles.
Les coucous ont fui l’utopitrerie.
Et aujourd’hui mon martinet fouette le maroilles du bec aux ailes déployées.
Le vent a ravagé la campagne.
Je sens mûrir le sentiment du condor volubile sur la corde — hier.

Les pies qui pillent le jardin deviennent souvent aveugles.
Mon nom est Patapon.
Je suis le plus grand héron de tout l’étang.
Mes anges ne sont ni démons, ni mésanges… ô ciel !
Je sens mûrir le sentiment du condor volubile sur la corde — hier.

Les pies qui pillent le jardin deviennent souvent aveugles.
Et tant mieux, puisqu’elles s’égaient vers l’océan… toi, pie, volerais-tu modestement, te guidant de ma voix ?
Quand tu planes, discrète sur moi, tu ressembles à un goéland dessus la mer déchaînée.
Alors tu parles, tu fais des discours, tu grandis et cherches à te poser.
Je sens mûrir le sentiment du condor volubile sur la corde — hier.

Les pies qui pillent le jardin deviennent souvent aveugles.
Merle ! Merle alors !
Car toute mésange agace tout charpentier…
Constat, du fond de sa grotte philosophique, d’un troglodyte qui médite.
Je sens mûrir le sentiment du condor volubile sur la corde — hier.

Les pies qui pillent le jardin deviennent souvent aveugles.
Vois mon corps beau où mon corps veille.
L’ail respire toujours du gazole que crachent les casoars.
Par la gorge rouge de mes anges !
Je sens mûrir le sentiment du condor volubile sur la corde — hier.

Les pies qui pillent le jardin deviennent souvent aveugles.
Le vol hélas est une utopitrerie.
Tiens ! un camion-pigeon : rien ne saurait voler une mûre.
Sans contestation possible, la condamnation tombe, imparable…
Je sens mûrir le sentiment du condor volubile sur la corde — hier.

Les pies qui pillent le jardin deviennent souvent aveugles.
Ici les oiseaux se sont tus.
Je sens mûrir le sentiment du condor volubile sur la corde — hier.


Et autres noms d’oiseaux inventés tout en mangeant des crêpes…

Hirondelle de saucisson

Corbeau de l’air (oiseau poète)

Mésange de l’Apocalypse

Bouvreuil du Cyclope

Canard 6 (se regarde dans la mare du Bizardin)

Merle adore

Etc. (d’égout)


Poèmes express soufflés dans des appeaux par les ornithologues du Bizardin

Plus fort ! Que dites-
vous, troglodytes ?

Nous ne pigeons
rien aux pigeons ;

nous ne pinçons
pas les pinsons.

La plume noire et l’œil de perle
pour contraste à l’envol du merle.

Avalons des nids d’hirondelles
et du saucisson en rondelles.

Au mitan du diable et de l’ange
s’envole en chantant la mésange.